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déc 04 2012

Après l’évacuation du squat de Pacé, que deviennent les migrants?

Nous sommes retournés voir des familles logées à Trémelin. Elles sont bien installées, mais c’est loin de tout. C’était il y a une semaine, mardi au petit matin, les 183 demandeurs d’asile qui constituaient le « squat de Pacé » près de Rennes étaient évacués. L’ancienne maison de retraite qu’ils occupaient depuis avril dernier va faire l’objet d’une réhabilitation. Les solutions de relogement sont diverses et variées: auberge de jeunesse, gîtes, plus ou moins loin de Rennes, des démarches admnistratives, des médecins, des écoles.

Une trentaine de personnes ont été envoyées à Iffendic, dans la base de loisirs de Trémelin. Le cadre est joli, certes, mais c’est loin de tout. « La première chose, c’est que l’on a un toit, c’est déjà bien » explique Taïcia, « mais le problème c’est pour aller faire les course« . Le bourg d’Iffendic à 6 kilomètres. Plusieurs familles tchétchènes, géorgiennes et mongol sont installés dans ces petits chalets. « Les petits vont à l’école, et je suis contente. J’espère que le grand pourra y aller aussi » poursuit Taïcia.

Les plus petits, c’est le maire d’Iffendic, Christophe Martins, qui les amène à l’école. « J’en ai pris trois ce matin, ils sont contents d’aller à l’école. Ils parlent bien français et vgisiblement ils rendent joyeux leurs camarades. Ce soir je les ramènerai, on verra demain« . Une solution qui ne pourra évidemment pas s’éterniser. « J’espère que le Préfet trouvera une solution plus proche de Rennes« .

Car les plus grands sont loin du collège, et le premier arrêt de bus est à une heure de marche à pied. Du coup, Otto ne va plus au collège. « Je reste ici à la maison, à ne rien faire« .

Depuis l’évacuation du squat la semaine dernière, c’est la débrouille. Des compatriotes tchétchènes, des familles, leur apportent des repas, des vivres. « On les a amené ici en taxi, ils n’avaient aucune idée d’où ils étaient » témoigne Carole Bohanne, du Réseau Education sans Frontières et de  Droit Au Logement, « et ils ont découvert les difficultés de déplacement, pour les démarches administratives, pour aller chez le médecins« . Iffendic est à 35 km de Rennes.
A part quatre appartements situés à Rennes, le reste des familles est répartis dans plus d’une vingtaine de gîtes sur tout le département. Baguer-Morvan, Tinténiac, Combourg…Problème, certains sont très isolés, dans des zones où le téléphone portable ne passe pas.

Par Stéphane Grammont
Source : http://bretagne.france3.fr/2012/12/04/apres-le-squat-de-pace-que-deviennent-les-migrants-157751.html

Voir également l’article Ouest-France : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Accueil-des-migrants.-Le-maire-d-Iffendic-sans-moyens-_-2140343——35133-ald_actu.Htm