nov 13 2014

ENCORE UN PROPRIO PAS REGLO

LE PARISIEN

Un an de prison ferme pour avoir loué un appartement insalubre

N.P. | 10 nov. 2014, 07h00

C’est un message fort que la justice vient d’envoyer aux marchands de sommeil. La semaine dernière, un propriétaire bailleur qui louait à prix d’or un logement insalubre à Saint-Denis a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bobigny. Conformément à la demande du tribunal, il a été écroué à l’issue de l’audience. La ville et l’occupant de l’appartement, qui s’étaient constitués parties civiles, ont par ailleurs obtenu respectivement 5 000 € et 15 000 € au titre de la réparation de leurs préjudices moraux.
Ce marchand de sommeil, déjà condamné pour des faits similaires, n’avait pas hésité à louer ce bien, situé place Victor-Hugo, alors que l’appartement était frappé d’un arrêté d’insalubrité irrémédiable, qui interdisait d’y habiter. Il avait également refusé de reloger son « locataire » ailleurs, alors qu’il était parfaitement en mesure de le faire. Le tribunal a rappelé que l’homme possède en effet un important patrimoine immobilier.
Pour la municipalité communiste, qui mène depuis des années une bataille acharnée contre l’habitat insalubre, cette sanction est exemplaire. « C’est la première fois qu’une peine d’emprisonnement ferme est prononcée à l’encontre d’un propriétaire pour des faits de cette nature commis à Saint-Denis, note Stéphane Peu, le maire adjoint (PCF) au logement. Nous nous félicitons de la fermeté croissante de la réponse pénale apportée par le tribunal correctionnel de Bobigny à la question de l’habitat indigne. Ces sanctions ont un caractère dissuasif. »
Les condamnations à l’encontre des marchands de sommeil ne cessent de se multiplier. En août, la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de l’exploitant d’un hôtel meublé du boulevard d’Ornano, toujours à Saint-Denis, qui louait 26 chambres vétustes pour 350 à 650 € par mois. Il a écopé de six mois avec sursis et 15 000 € d’amende.
En juillet, le tribunal correctionnel de Bobigny avait également condamné le propriétaire d’un immeuble de la rue Berthelot, qui avait installé des locataires dans des logements indignes et leur avait soutiré des loyers : quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 € d’amende. Le 21 mai, c’est une peine d’amende de 7 000 € qui a été infligée à un bailleur de la rue Fontaine, poursuivi lui aussi pour avoir loué des appartements malgré un arrêté d’insalubrité, et refusé d’exécuter des travaux demandés.

nov 04 2014

LA TREVE HIVERNALE

Expulsions: début de la trêve hivernale

[30/10/2014]

A partir du 1er novembre, la France entre dans la phase de trêve hivernale, et ce jusqu’au 31 mars 2014. Durant cette période, les locataires ne pourront pas être expulsés, même si leur propriétaire a engagé une procédure et que l’expulsion est confirmée par un tribunal. Explications.

La trêve hivernale, c’est quoi ?

La trêve hivernale est définie par l’article L 613-3 du Code de la construction et de l’habitation comme une période pendant laquelle on ne procède à aucune expulsion locative (« on sursit à l’exécution d’un jugement d’expulsion »). En pratique, cela signifie que l’on ne peut pas mettre les gens à la rue pendant l’hiver.

Toutefois, il existe des exceptions. L’expulsion est possible si :
- une solution de relogement dans des conditions suffisantes a été trouvée ;
- l’occupant du logement s’y est installé illégalement et n’a pas de contrat de location (squats) ;
- le logement fait l’objet d’un « arrêté de péril », autrement dit n’est plus habitable en l’état.

Combien de temps dure la trêve hivernale ?

La prochaine trêve débutera à compter du 1er novembre 2014 et prendra fin  le 31 mars 2015.

Bon à savoir:

Les expulsions ne peuvent se dérouler entre 21 heures et 6 heures du matin, la trêve débute véritablement la veille au soir, soit le 31 octobre au soir.

Vous êtes en difficulté, quelles solutions ?

Quelle que soit votre situation, si vous êtes menacé(e) d’expulsion, en raison d’impayés de loyer, du non-renouvellement de votre bail, d’un congé-vente…, vous pouvez être accompagné(e) et conseillé(e) par le DAL35 dans les démarches à entreprendre pour négocier des délais avec votre propriétaire, rechercher un nouveau logement, ou encore pour entamer une démarche de médiation ou contentieuse.

Permanence tous les mercredis de 14h à 17h à

la Maison Internationale de Rennes (MIR)

7 quai Chateaubriand 35ààà Rennes (métro République)

oct 22 2014

LES PROPRIOS NE MANQUENT PAS D’AIR

Paris : frappée et chassée de son studio de 4 m²

Par Cécile Beaulieu | LeParisien.fr – il y a 25 minutes

 

LeParisien.fr/Cécile Beaulieu – Une jeune femme qui vivait boulevard Barbès (ici une photo d’illustration) a été frappée et chassée de son studio de… 4 m² !

Une chambre mansardée de 4 m 2 habitables, dénichée sur un site Internet dédié à la location d’appartements. C’est là, boulevard Barbès (XVIII e), qu’Elisabeta, une étudiante italienne de 19 ans, venue à Paris dans le cadre du programme d’échanges universitaires Erasmus, s’était installée voici deux mois, moyennant 200 € mensuels. Un loyer versé en espèces à son propriétaire et dans la plus grande illégalité, puisqu’il est interdit de proposer à la location des espaces de moins de 9 m 2.

Jeudi, la situation déjà tendue entre la jeune fille et le loueur s’est brutalement envenimée. L’homme s’est présenté chez l’étudiante et a exigé de se faire remettre 420 €. Face à son refus, il l’a menacée, injuriée, puis frappée, avant de jeter ses affaires sur le palier. « Il lui a arraché son téléphone des mains parce qu’elle voulait appeler la police. Puis, il a jeté Elisabeta à la porte et a fait changer la serrure dans la journée », s’indigne un militant du DAL (Droit au logement). « C’est incontestablement un marchand de sommeil, qui loue des réduits inhabitables dans plusieurs quartiers de Paris », poursuit-il.
Elisabeta a déposé plainte tandis que le propriétaire, « interpellé par les policiers alors qu’il vociférait dans son cagibi loué à prix d’or », selon un témoin ulcéré par la scène de violence, était entendu au commissariat. Selon certains proches de la jeune fille, le propriétaire n’en serait pas à sa première « indélicatesse » vis-à-vis de sa locataire : celle-ci aurait déjà déposé plusieurs mains courantes après s’être aperçue, ces dernières semaines, que sa chambre était « visitée et fouillée » durant ses absences.
Le DAL, qui suit actuellement à Paris quatre autres dossiers d’expulsions illégales, demande une « action diligente du parquet dans ce dossier, compte tenu de la gravité des infractions commises ». « Ce que cet homme a fait contre l’étudiante est puni par la loi de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 EUR d’amende. La préfecture de police et le ministère du Logement sont informés de la situation. Il serait inadmissible que cet homme puisse continuer à louer ses taudis dans la plus parfaite impunité. »
Elisabeta, quant à elle, est parvenue à regagner — au moins provisoirement — sa chambre mansardée, avec l’aide des militants du DAL.

sept 21 2014

APPEL A CANDIDATURES-LISTES HLM

Le DAL 35 souhaite présenter des listes aux élections des représentants locataires aux CA des offices HLM, en particulier Archipel Habitat et Aiguillon (parce que nous y avons déjà qq personnes partie prenante et 1 volontaire pour aller au casse-pipe). D’autres listes sont possibles pour les autres organismes d’HLM de Rennes Métropole.

Ces listes sont à déposer avant le 20 octobre. Elles doivent comporter 8 personnes.

Si tu partages ces revendications :

- pour la défense des locataires
- pour la baisse des loyers et des charges
- pour la justice dans l’attribution des logements sociaux
- pour la réalisation massive de logements sociaux
- pour la mise aux normes environnementales du parc HLM
- pour l’arrêt des expulsions sans relogement
- pour l’union entre les locataires, le soutien aux luttes des mal logés et contre les idéologies d’extrême droite,

si tu es toi-même locataire d’un logement HLM de l’un de ces deux offices, ou d’autres,
et si tu es partant pour faire partie de nos listes afin de nous permettre d’avoir 1 élu,

merci de prendre contact avec nous.

Si tu n’es pas toi-même locataire d’un logement HLM, mais tu partages quand même ces revendications et d’une manière générale, la lutte pour le droit à un logement correct de toutes et tous,
merci de transmettre cet appel à « candidature » à tes amiEs, habitant en HLM.

Seuls face au bailleur, nous n’existons pas. Unis combatifs et solidaires, faisons respecter nos droits !

Amidalement,

juin 10 2014

LA COUPE EST PLEINE !

Du 12 juin au 13 juillet, la Coupe du monde de football a lieu au Brésil. En 2016, les Jeux Olympiques seront organisés dans ce pays.

Sous la pelouse, les décombres !

Les villes les plus touchées par les expulsions forcées sont Rio (50 000 personnes concernées), Fortaleza
(32 000 personnes), Porte Alegre (15 000 personnes) !
Au total, plus de 170 000 familles ont été chassées de leur logem
ent !
Toutes les méthodes ont été utilisées : créer un climat de peur dans les quartiers, exercer des chantages et pressions psychologiques sur les familles pour qu’elles cèdent leur maison à des prix dérisoires, accaparement de terres, expulsions sans relogement, violences policières sur ceux et celles qui résistent, déplacement des populations dans des zones urbaines dangereuses ou isolées ! Pendant l’événement, le « nettoyage » des villes est annoncé : celui de tous les hommes et femmes qui vivent sur les trottoirs en les renvoyant à des dizaines de kilomètres. Il faut rendre la pauvreté invisible ! Le Brésil n’est pas un cas isolé. Il existe chaque fois plus d’exemples à travers le monde qui illustrent l’insécurité des habitant-es à l’occasion de ces méga-évènements. Pendant ce temps, les spéculateurs réalisent des centaines de projets immobiliers et touristiques qui vont demain leurs rapporter des milliards….

Les expulsions d’habitant-es sont une habitude

Elles permettent des constructions de haut standing pour les riches. Pour les JO de 2008 à Pékin, 42 milliards ont été dépensés et plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées dans le cadre de projets de développement urbain. C’est le cas à chaque grand événement sportif.

 

Solidarité avec les comités populaires !

Les grèves, les manifestations, les rassemblements, les occupations et ré- appropriations de moyens de production, durent depuis des mois. Le peuple brésilien n’a pas à se taire pour cause de Coupe du monde ! L’urgence sociale rend indécente une telle idée. Le texte ci-après des comités populaires synthétise l’esprit des mouvements sociaux brésiliens, incarnés par de multiples collectifs, associations, syndicats. Nous les soutenons et dénonçons l’arsenal répressif préparé par le gouvernement brésilien.

Voici les dix raisons pour lesquels nous protestons contre la coupe :

1) 250000 personnes ont été ou seront expulsées de leurs logements [...].

2) La Coupe laissera des “éléphants blancs ” : des oeuvres hors de prix, gigantesques, mais sous-utilisées.[...]

3) A l’inverse de ce qui a été promis, une grande partie des fonds utilisés pour la construction où la restauration des stades provient des coffres publics [...].

4) Pour pouvoir recevoir la Coupe du monde, le Brésil a dû signer une clause qui l’engage à changer toutes les lois nécessaires afin d’être en adéquation avec les exigences de la FIFA. Ainsi, le pays a abandonné sa souveraineté pour servir une entité privée.

5) De véritables zones d’exclusion seront créées pendant la Coupe du monde: la FIFA sera responsable d’une zone allant jusqu’à 2 km de diamètre autour des stades, où seuls les personnels autorisés pourront exercer des activités commerciales.

6) Malgré les promesses qui affirmaient que la Coupe offrirait des opportunités de travail aux Brésilien-nes-s vendeur-euse-s, marchand-e-s ambulant-e-s, petit-e-s commerçante-s et artistes de rue sont interdits de travailler dans les zones de la FIFA. Tout sera entre les mains de la FIFA et de ses entreprises partenaires, comme CocaCola.

7) La FIFA et ses entreprises partenaires auront une exemption fiscale totale de tous les impôts  brésiliens, privant ainsi les coffres publics brésiliens d’un milliard de réals (plus de 300 millions d’euros).

8) Pour recevoir la Coupe du monde, les gouvernements et clubs de foot ont été obligés de construire et rénover les stades afin qu ils obéissent aux normes de qualité de la FIFA. Au premier regard, il s’agit de nouvelles positives mais en apparence seulement. En fait, il y a un effet collatéral tragique : l’élitisation des Jeux, interdits aux classes populaires, qui ne peuvent payer les billets d’entrée, ni acheter dans les stallés dans les stades.

9) Au nom de la Coupe du monde, l’état brésilien a étendu son appareil répressif: en plus d’avoir dilapidé des milliards de reals en armement et nouvelles unités policières, de nouvelles lois ont été promulguées pour réprimer les manifestant-es.

10) Le Ministère de la Défense a publié un document, intitulé «Garantie de la loi et de l’Ordre», dans lequel les mouvements sociaux et toute personne ou organisation qui entrave une voie d’accès (même pacifiquement) sont classifiées comme «forces d’opposition provoquant des actions violentes». Ainsi, le gouvernement autorise les forces armées à agir contre eux.

Nous sommes solidaires : leur lutte est notre lutte !

Des organisations (AITEC/IPAM, Alternative Libertaire, Attac, CNT, CNT-SO, Droit Au Logement, Emancipation, Ensemble, France Amérique Latine, NPA, No-Vox, Sortir du colonialisme, Union syndicale Solidaires) ont décidé de mener ensemble une campagne d’information sur la situation sociale et des Droits de l’Homme au Brésil, par des actions de popularisation (bulletin d’informations, réunions publiques, tournois de football, …).

À Rennes, nous participerons à l’événement alternatif, ludique et militant (partie de foot, pique-nique, exposition d’affiches et de photos), organisé par le collectif La Bouffée,

 

Mercredi 25 juin à 20 H,

Place du Parlement de Bretagne,

soir de match de l’équipe de France !

 

La coupe du monde ne fera pas taire le peuple !

Il y a un an d’énormes manifestations avaient lieu dans tout l’état brésilien. Lancée par un mouvement portant sur
la question des transports, la révolte populaire a rapidement englobé d’autres sujets : santé, éducation, logement, inflation, violence policière, corruption, etc. Le gouvernement a eu recours à la répression : contre les manifestant-es et aussi envers des organisations ouvrières. Déjà, les manifestant-es mettaient en exergue les énormes sommes d’argent dépensées pour l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014 et des Jeux Olympiques en 2016, et les expulsions massives dans les favelas.

Le Brésil a beaucoup de richesses, c’est même la sixième force économique mondiale, mais comme ailleurs les travailleurs/euses ne bénéficient pas de ce qu’ils et elles produisent. Les conditions de vie du peuple brésilien ne se sont guère améliorées ; il n’en n’est pas de même pour les profits des grandes entreprises et des banquiers. Les moyens pour la santé et l’éducation publiques demeurent très insuffisants ; les besoins de logements sont énormes, la réforme agraire est une urgence. A l’inverse, les privatisations se poursuivent, la corruption demeure…

Et maintenant, « place au sport »  ?

Derrière cette formule se cache la complicité, active ou passive mais dans tous les cas réelle et assassine, avec une succession de régimes politiques sanglants. Sans revenir aux J.O. de Berlin de 1936 « qui ont magnifiquement servi l’idéal olympique » selon Pierre de Coubertin, c’est au nom du sport qu’il fallait taire la réalité de régimes comme ceux de l’Argentine en 1978, de l’URSS en 1980, de la Chine en 2008, de la Russie en 2014, ou du Qatar prévu pour 2022… Nous refusons !

Sous prétexte de Coupe du monde (et de JO en 2016), l’État brésilien généralise la militarisation du pays. Les « Unités de Police Pacificatrice » aux méthodes paramilitaires terrorissent la population des favelas.

Le gouvernement soutient une « loi anti-terrorisme » qui, aux yeux d’Amnesty International, « met à mal la liberté d’expression et le droit de réunion ». Il veut légaliser l’arrestation des syndicalistes et des animateurs-trices des
mouvements sociaux qui résistent ; l’interdiction même des grèves est envisagée…

170 000 agents de sécurité mobilisés dont 57 000 militaires

Amnesty International dénonce aussi « l’utilisation excessive de la force par la police lors des manifestations, l’occupation de favelas par des forces militaires et de police, un mépris total envers les droits humains lors des expulsions opérées pour les chantiers de la Coupe du monde et des JO« .

Pour défendre les intérêts économiques de tous les investisseurs privés qui ont misé gros sur la Coupe du monde, le gouvernement brésilien bafoue les libertés fondamentales, syndicales et politiques. Triste manière de rappeler les 50 ans de l’instauration de la dictature militaire (1964/1985) au Brésil ! Nous soutenons les organisations associatives, syndicales et politiques brésiliennes qui affirment que « Cb!»

À l’ombre des stades : les maisons closes

La Coupe du monde (comme tous les grands évènements sportifs internationaux) ne profite pas qu’aux
multinationales du BTP et aux partenaires commerciaux de la FIFA : à côté des stades, les réseaux mafieux organisent un autre marché très lucratif : celui de la prostitution et de la traite des femmes.
En 2010, c’est la FIFA qui a directement fait pression sur le gouvernement sud-africain pour l’obliger à libéraliser la prostitution, en prétextant que les supporteurs hésiteraient à venir par crainte du SIDA et que la solution allemande des maisons closes géantes permettrait de résoudre le problème. Au Brésil, même si elles sont interdites par la législation, les maisons closes annoncent d’ores et déjà leurs services sur des panneaux publicitaires, dans les journaux et sur internet.
Les réseaux mafieux se préparent aussi à organiser la prostitution infantile autour des stades dans plus d’une
douzaine de villes. Or, la violence sexuelle est le type le plus fréquent d’agression contre les enfants au Brésil.

À qui profite la coupe ?

Pour assurer la Coupe 2014 dans 12 villes du pays, environ 10 milliards d’euros sont déjà dépensés, dont 85% proviennent des fonds publics. Ils visent à la construction financier. de stades, d’aéroports, d’aménagements urbains…

Le gouvernement a décidé l’exonération de l’impôt sur la circulation des marchandises et des services et sur toutes les opérations concernant la construction ou le renouvellement des stades. Les exonérations fiscales sont multiples : près de 200 millions d’euros pour l’acquisition de matières premières pour la construction  des stades de foot, tandis que l’industrie automobile est exonérée d’environ 9 milliards d’euros.

Le gouvernement brésilien a satisfait à toutes les exigences de la FIFA mais le Brésil n’obtiendra aucun retour financier.

Les travaux ont coûté 15 fois plus que ceux de la Coupe du Monde de 2010.

Les bénéfices engendrés par la Coupe finiront directement dans les poches des firmes multinationales partenaires de la FIFA ou sponsors de la Coupe : Coca-cola, Adidas, Hyundai-Kia Motors, Sony, McDonalds, Continental,…

Décidément le mondial de 2014 est un méga-événement destiné purement aux riches !

 

Dépenses publiques, bénéfices privés !

Les compétitions sportives sont depuis longtemps des machines à drainer l’argent public vers les grandes
multinationales (des dizaines de milliards de bénéfices), les mafias sportives internationales FIFA (plus de 2 milliards de chiffre d’affaire par an) et CIO (4 à 5 milliards à chaque olympiade) et les riches de chaque pays organisateur :
2014 : JO de Sotchi (Russie) : 36 milliards d’euros
2012 : JO de Londres (Royaume-Uni) : 12 milliards
2010 : JO de Vancouver (Canada) : 5 milliards
2010 : Coupe du monde en Afrique du Sud : 4,3 milliards de dollars de dépenses pour l’Afrique du Sud, 2 milliards de profits pour la FIFA.
2004 : JO d’Athènes : 15 milliards de dépenses, qui ont contribué à l’explosion de la dette grecque.

 

jan 17 2014

Loi ALUR : quelques avancées

Trêve hivernale des expulsions :
Sur un amendement d’André Chassaigne (GDR), la trêve hivernale des expulsions est rétablie pour tous. Mais cette disposition reste encore fragile pour les squatters, puisqu’elle pourra être supprimée sur décision du juge. Dans tout les cas, elle ne sera plus automatique, puisqu’elle est placée sous le contrôle du juge. C‘est donc une avancée, qui permet aussi de poursuivre le débat au Sénat.

Délais de 3 mois à 3 ans rétablis :
Les délais de 3 mois à 3 ans, renouvelables, ont été rétablis, également sur un amendement d’André Chassaigne. La loi Boutin, en 2009 avait divisé par trois la durée de ces délais, les limitant à une durée de 1 mois à 1 an. Ce recul avait été unanimement contesté par les associations et le mouvement social.

Congés frauduleux :
Les congés reprise et les congés vente sont mieux encadrés, de telle sorte à limiter les congés frauduleux, qui s’étaient multipliés ces dernières années, à la faveur d’une jurisprudence laxiste, laissant libre champs aux bailleurs les plus cupides.
Les bailleurs devront désormais présenter des motifs légitimes et sérieux à la délivrance d’un congé reprise, et le juge pourra vérifier les motifs du congé vente ou reprise avancés par le bailleur

Ces deux derniers amendements rééquilibrent une situation qui était devenue très défavorable aux locataires, et leur permettra de lancer des procédures d’insalubrité, de logement indécent, de contestation du montant du loyer, de la surface du logement ou du loyer majoré exceptionnel, sans crainte d’être évincé par un congé frauduleux en fin de bail.
Il ne reste plus qu’à renforcer les sanctions lorsque le bailleur reloue le logement, sans l’avoir vendu, ou l’avoir habité ou fait habité par un ascendant ou descendant direct, conformément à la loi.  Il s’agissait encore de 2 amendements Chassaigne.

Expulsions illégales sanctionnées :
Les expulsions illégales, c’est à dire celles effectuées sans jugement, ou sans le concours de la force publique seront un délit pénal, passibles de peines de prison.

D’autres avancées ont été obtenues, notamment en matière de droit à  l’hébergement, de défense des locataires de foyers de travailleurs migrants, d’expulsion locative,  de protection des locataires de logements indignes…

Droit Au Logement désapprouve tout projet de garantie généralisée sur les impayés de loyers, tant que ces derniers n’auront pas été baissés d’au moins 20%. Ces dispositifs assurantiels qui ont pour conséquence de garantir les profits locatifs, n’empêchent ni les expulsions, ni le plongeon locataires dans la grande exclusion, car les impayés seront recouvrés avec bien plus d’efficacité. La meilleure garantie serait de baisser les loyers.

Sur le projet de GUL :
DAL est en désaccord plus particulièrement sur :
- le recouvrement par l’État des dettes locatives privées (mesure régressive),
- la possibilité que des organismes privés à but lucratifs puisse être agréés pour faire des enquêtes sociales qui déclenchent la garantie et les saisies recouvrement par le trésor public, puis la procédure d’expulsion (mesure régressive).
- l’absence de procédure contradictoire sur ce rapport, pour permettre au locataire de se défendre avant l’application des sanctions. Il y a des bailleurs indélicats. Le locataire en difficulté ne doit pas être réduit à l’impuissance.

Droit Au Logement continue le combat pour faire progresser les droits des mal logés, des sans logis et des locataires, car cette loi est encore très éloignée des attentes et des besoins des mal logés et des sans logis.

DAL manifestera aunat le 29 janvier

pendant le 2e examen de la loi Duflot

 

nov 01 2013

Aucune expulsion à partir du 1er novembre

Mais juste avant on peut !!! (sic!)

Du 1er novembre 2013 au 15 mars 2014, et comme chaque année, toute mesure d’expulsion de locataire est suspendue pendant la période dite de « trêve hivernale ».

Alors que le Sénat vient d’adopter un amendement qui étendrait la trêve hivernale du 15 octobre de chaque année au 31 mars de l’année suivante, des expulsions ont eu lieu … ce 31 octobre soit la veille de la dite trêve !!!

A Rennes, ces pratiques ignobles furent celles d’Archipel Habitat accompagnée de l’huissier et de la police bien sûr!

N’hésitez pas à nous contacter et à nous rejoindre en cas de problème de logement et de risque d’expulsion dés votre première menace. Nous revendiquons :

  • L’application du droit au logement pour toutes et tous.
  • L’arrêt de toute expulsion, y compris des réquisitions et hors trêve hivernale !
  • La fin de la financiarisation  et de la marchandisation du logement, y compris du logement social.
  • La fin de la criminalisation des sans abris et des militant-e-s pour le droit au logement.
  • La baisse immédiate des loyers de 20%, y compris en logement social, et un encadrement à la baisse.
  • La réquisition urgente des logements vides, et la taxation de la spéculation immobilière et foncière.
  • La construction et la récupération de logements abordables et sûrs.
  • LA FIN DE LA GUERRE AUX PAUVRES

 

oct 23 2013

Lettre ouverte au Ministre Manuel Valls

Manuel, souviens-t-en…

« Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t’en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir. » »
Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc «  vocation  », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces « étrangers, et nos frères pourtant »…

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être membre de l’Union européenne : 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien « aggravée ». Et ils ont « vocation » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t’en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir. »

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers, et nos frères pourtant ».

Jean-Claude Lefort

oct 22 2013

Jean-Baptiste Eyraud passé à tabac par les CRS

Jean-Baptiste Eyraud passé à tabac par les CRS: deux côtes cassées, silence radio ?

Ce qui s’est passé samedi après-midi place de la République à Paris est à la fois banal et indigne. Banal parce que la répression contre les mouvements sociaux est devenue une routine quotidienne dans notre pays, sous Manuel Valls  comme sous Brice Hortefeux, et en particulier contre les sans logis ou les sans emploi.

Indigne parce que les forces de l’ordre ont dispersé violemment et illégalement un rassemblement déclaré de façon parfaitement légale par le DAL place de la République. Plusieurs mères de famille ont été frappées. Jean-Baptiste Eyraud, le porte parole du DAL, a été roué de coups de pieds alors qu’il s’était assis par terre en attendant de pouvoir sortir de l’encerclement policier auquel les manifestants étaient soumis. Il a eu deux côtes cassées. Pas de dépêche des agences de presse, pas un mot dans la plupart des quotidiens, silence à la radio.

Les CRS et leur hiérarchie présente sur place ce samedi 17 octobre ne pouvaient ignorer qui est Jean-Baptiste Eyraud. Depuis vingt ans il lutte avec le DAL contre l’indifférence et le silence qui entoure le drame des sans logis et des mal logés. Par son activité inlassable et son énergie communicative, il a permis aux sans logis de disposer d’un outil et une voix écoutée et respectée. Il contribue sans trêve à mettre à nu les contradictions entre les discours et les actes des politiciens, prolixes en promesses mais avares en réalisations.

En frappant Jean-Baptiste Eyraud, les forces de l’ordre n’ont pas agi au hasard: cibler une de ces figures les plus connues vise à répandre la peur dans tout le mouvement social. Ce gouvernement est aussi dur avec les démunis qu’il est prévenant envers les grands patrons et banquiers. La Préfecture de Paris et Manuel Valls doivent cesser leurs agissements brutaux et illégaux. Le gouvernement doit appliquer la loi DALO, le droit à l’hébergement, les réquisitions de logement. En s’engageant dans une politique répressive indigne, le gouvernement saccage les principes de solidarité et de justice, seuls à même de faire barrage à la droite extrême.

Attac France

oct 12 2013

Un juge visite un bidonville avant de juger une expulsion

Lyon (AFP) – Fait rarissime dans la vie judiciaire, un juge a décidé vendredi, au lieu de siéger à l’audience, de se transporter dans un bidonville sous la gare Perrache à Lyon pour étudier une demande d’expulsion visant 300 demandeurs d’asile Albanais.
Vendredi matin, l’audience qui devait se pencher sur une demande du Grand Lyon d’expulser quelque 300 demandeurs d’asile installés sous le pont Kitchener, a pris une tournure inattendue lorsque son président, le juge Gérard Gaucher, a annoncé son déplacement sur place afin de « prendre connaissance » du dossier.
Il a également ordonné une expertise judiciaire médicale et mandaté deux médecins, chargés de lui remettre un rapport pour le 16 octobre.
Aussitôt dit, l’audience a été suspendue, à la stupéfaction des six avocats défendant les Albanais, ceux-ci se hâtant de sortir pour le retrouver sur place une demi-heure plus tard, saluant au passage une décision « rarissime ».
« Un transport sur les lieux de la juridiction est exceptionnel en matière d’expulsion, ça permet au magistrat de savoir sur quoi il statue et cela permet à toutes les parties de prendre conscience du problème, pour trouver des solutions d’hébergement pour ces familles », a souligné Me Eloïse Cadoux, l’une des avocates des réfugiés.
Etat sanitaire catastrophique
« Depuis combien de temps les gens sont là ? », « les enfants vont-ils à l’école ? », « comment faites-vous pour les toilettes ? », entouré des deux médecins, le juge Gaucher, par ailleurs premier vice-président du TGI de Lyon, pose de nombreuses questions à un Albanais qui traduit, et à un représentant de Médecins du Monde qui assure un suivi sur place.

Il parcourt ensuite le campement, composé de dizaines de tentes, de tables basses, et entouré de fils à linge de fortune. Les détritus sont ramassés de façon aléatoire et les déchets sont alignés tant bien que mal le long du camp. Il n’y a ni eau courante, ni sanitaire. Le campement s’est installé depuis cet été sous un pont gris et venté et compte de nombreux enfants en bas âge.
« Je suis venu parce qu’il va commencer à faire froid, il faut expliquer aux personnes qui sont là que le juge est quelqu’un qui doit voir physiquement les choses comme elles se posent, et pas uniquement comme les problèmes de droit doivent se poser », déclare le juge au traducteur.
Médecins du Monde (MDM), qui intervient sur place deux fois par semaine, a réalisé un rapport sur le bidonville, remis au juge et aux médecins vendredi.
« L’eau en ce moment est ouverte, mais elle a été fermée cet été, il a fallu batailler avec la mairie pour ouvrir les fontaines, ils ont des jerrycans et des bouteilles et essaient de ramener de l’eau comme ils peuvent », souligne un représentant de MDM, interrogé par une des deux médecins experts.

suite :

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20131011.AFP8416/lyon-un-juge-visite-un-bidonville-avant-de-juger-une-expulsion.html

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