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juil 03 2013

COMMUNIQUÉ SUITE À L’INTERVENTION DU DAL 35 AU CONSEIL MUNICIPAL D’ACIGNÉ DU 24 JUIN 2013

Depuis novembre 2012, notre association Droit Au Logement (DAL35) accompagne six personnes dont deux jeunes enfants de 4 et 8 ans, logées dans un appartement, propriété d’Habitat 35, laissé vacant pendant près de six mois. Au vu du nombre de candidats au logement social, on peut s’étonner que l’organisme ait ensuite mis plus d’un mois avant de remarquer que son logement était occupé. Comme attendu, Habitat 35 a dès lors assigné les occupants en justice et le jugement devait prononcer leur expulsion mi-mars.

Afin de sensibiliser les pouvoirs publics sur ce problème du logement des demandeurs d’asile,délaissé par l’État, et de solliciter l’implication de la municipalité d’Acigné, particulièrement dans le relogement de ces personnes installées depuis plusieurs mois sur cette commune, nous avons sollicité un rendez-vous auprès du Maire à de nombreuses reprises, par courriers postal et électroniques, et par téléphone. Nous n’avons jamais eu la moindre réponse.

En conséquence et sur proposition d’élus municipaux soutenant ces personnes, nous avons interpellé la municipalité lors du conseil municipal du 24 juin dernier.

Outre de nombreuses affirmations erronées du Maire, M. Guy Jouhier, les positions exprimées par plusieurs élus de la majorité PS sont très décevantes. Il en ressort que, se contentant de constater la carence de l’État en matière d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile, la commune d’Acigné ne manifeste aucune volonté de prendre des mesures permettant d’éviter la rue à ces familles et à ces enfants, ni de leur apporter le moindre soutien.

Ce choix dénué d’humanité est totalement inacceptable pour DAL35, alors que de nombreuses communes de Rennes Métropole, dont celles voisines d’Acigné, de Cesson-Sévigné et Thorigné-Fouillard, font des efforts appréciables pour apporter de l’aide à ces populations précarisées, entre autres en participant au dispositif Coordination Réseau Urgence Sociale (CooRUS) dont l’objectif est justement de mobiliser des logements.

Nous tenons ici à rétablir quelques vérités :

- Si l’Abbé Pierre a soutenu nombres d’actions du DAL telle l’occupation de l’église St Bernard en 1996 par trois cent africains sans papiers, il n’a pas participé à sa création, ni n’en a jamais fait partie.

- Une scission du DAL35 a bien eu lieu fin 2012 mais l’association s’est toujours maintenue et la fédération DAL a refusé son agrément à l’autre association issue de cette scission.

- Aucun « appel d’air » n’a été constaté par l’OFPRA en Bretagne; le nombre de migrants y arrivant est stable depuis 3 ans. L’afflux observé de demandeurs d’asile dans l’agglomération rennaise peut être en partie attribué à la suppression des services d’accueil, de logement et de traitement administratif, dans les trois autres départements bretons, dont la suppression de la borne Eurodac de Quimper, mais sans doute aussi à l’importance du tissu associatif de la capitale rennaise.

Quoiqu’il en soit, l’idée que plus un pays accueillerait de migrants, plus il en viendrait, est donc non seulement infondée, mais elle véhicule un sentiment de xénophobie porté habituellement par l’extrême droite, que le DAL 35 désavoue d’où qu’il vienne.

Le DAL 35 rappelle que plus de 400 personnes dont une centaine d’enfants, migrants ou autochtones, auxquelles l’État devrait fournir un logement ou un hébergement, demeurent à la rue à Rennes. La mobilisation des élus locaux est indispensable pour fournir des palliatifs à cette situation et faire pression sur l’État pour qu’il satisfasse à ses obligations.

Entres autres solutions possibles, parmi les 11 000 logements vacants sur Rennes Métropole, certains pourraient être facilement réquisitionnés, ainsi que le permet la loi.

Alors que le Maire d’Acigné déclare n’avoir, dans sa commune, aucun logement susceptible d’accueillir des personnes sans abri, le DAL35 en dénombre au moins six, sur la réserve foncière communale, pouvant répondre à cet objectif.

Dans trois d’entre eux, 17 personnes dont 7 jeunes enfants ont, d’ores-et-déjà, depuis une douzaine de jours, trouvé refuge avec le soutien de notre association et de nombreux acignolais.